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Consécration et excellence pour la première édition du Biarritz Jazz Festival du 27 au 29 Août 2010.

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 Au départ,  un petit groupe d’amis, mus par la même passion du jazz, ont voulu aller jusqu’au bout de leur  rêve d’enfant : créer un festival consacré à cette  musique afro- américaine  née au début du XXème siècle, synonyme de métissage, de liberté et d’improvisations. Rien n’aurait pu les arrêter : ni le temps qu’il ne faut pas compter, les budgets à dénicher pour attirer des artistes de renom, les difficultés à trouver des salles et des lieux , les autorités à convaincre du bienfondé du projet …Une seule volonté : faire de notre ville, Biarritz, le nouveau  lieu incontournable du Jazz, l’installer dans les places mythiques, face à l’océan, les pieds dans l’eau et le nez au vent du large porteur d’artistes planétaires.

 S’entourant d’une équipe élargie performante-  Jeannie Matthews,  prêtresse du relationnel,  omniprésente, d’humeur toujours égale et à l’écoute affutée  - Christophe Bouquin impliqué totalement dans les réseaux sociaux et spécialiste d’internet- c’est en vrais professionnels  qu’ils  ont construit  le projet, avec  une bonne répartition des tâches et mis ces trois jours sous le signe de la disponibilité et de l’excellence : Emmanuelle Sidobre s’est attelée au partenariat, tenace et convaincue dès le départ du succès du futur festival; c’est avec compétence qu’elle a obtenu la participation de mécènes solides et sa présence fut comme un rayon de soleil au cours de ces trois jours sous le signe du jazz. Sandra Labastie a pris en charge l’association, l’administratif souvent ingrat mais incontournable ; elle a Å“uvré en tant que « passeur », à l’écoute de tous ; son énergie et sa discrétion n’ont  eu d’égale que sa présence, rassurante et sereine,  gage  de charme tout au long du festival ; Hervé  Vignolles, co-fondateur du festival a mis au service de l’équipe,  sa longue  expérience  de régisseur du festival d’Aiguillon et montré son envergure  à maîtriser la direction technique et la programmation : tout semblait couler de source et nous avons pu, comme il nous l’avait prédit,  côtoyer les artistes au plus près, les interviewer dans la plus grande convivialité.  Ivan Landrieu, connu pour ses captations de concerts à la Réunion, ses connaissances  dans le monde musical, sa collaboration remarquée avec Michel Field, ses réalisations de films  avait pris légitimement sous son aile la programmation et la Direction : il a cherché et réussi  à toucher la perfection  dès la 1ère édition et  nous a carrément « bluffés » par la maîtrise de ses  têtes d’affiches.

Le parrain,  Aldo Romano,  est une star planétaire de la batterie,  fil conducteur de ce festival.  IL a reçu le Nobel du Jazz et nous avons partagé avec lui des moments d’émotion et de chaleur rares.

Celui que j’appelle Mr  100 000 volts du piano Jazz, Tigran Hamasayan, jeune prodige déjà couvert de récompenses internationales   a dégagé une force expressive volcanique et enflammé le Casino. Standing ovation ! La moindre des choses pour celui qui a mis Biarritz à ses pieds !!

Médéric Collignon, l’enfant terrible du Cornet, avec sa trompette « électrifiée », inventif, généreux,  combattif  nous a fait partager sa sensibilité ;  sa voix qui s’est souvent aventurée dans des vocalises « folles » nous a transportés pendant les bœufs et son concert de clôture. Chapeau  Médéric, tu es un très grand Monsieur de Jazz !

Adouk Trio nous a offert une prestation lumineuse avec des sons  neufs  venus d’ailleurs  et envoûtants. La maîtrise d’instruments multiples, (tel le doudouk) est le résultat de recherches musicales pointues et constantes qui font d’eux les meilleurs représentants de la modernité et de l’intemporalité du jazz.

Olivier Ker Ourio, harmoniciste autodidacte nous a littéralement emportés sur les rivages de son enfance réunionnaise  avec des rythmes créoles ; considéré comme l’hériter de Toots Thielmans, il  s’est imposé par son style, sa poésie et son art de vivre. Ce fut un des moments forts de nos rencontres ;  grâce au film présenté au Royal et réalisé par Yvan Landrieu , «  cerveau »  de ce festival, nous avons pu saisir les combinaisons ingénieuses, l’originalité des sonorités de  ce musicien magicien de l’ harmonica, homme de cœur de surcroît.

Nos plateaux d’artistes locaux se sont montrés à la hauteur : Francis Lassus qui avait invité l’un des meilleurs percussionnistes  au monde Trilok Gurtu et le guitariste Nguyen Lê a mis le feu au Port Vieux ; batteur, chanteur,  avec sa chanteuse et musicienne Alix Ewande, il nous a touchés par son hommage percutant  à Nougaro « in et dit ». J.Marie Ecay a séduit à maintes reprises le public par son toucher exceptionnel à la guitare : avec brio, il a défendu , de ses accents émouvants l’indémodable jazz blues . Notre « canadienne » Diane Tell  a posé sa voix souple  sur Dr Boris et Mr Vian et nombreux furent les biarrots au rendez- vous de la mélodie  mélancolique ; les facéties et l’humour de Diane, sa spontanéité naturelle ont conquis les cœurs .

Je voudrais terminer cette balade dans le monde du jazz de cette première édition du » Biarritz jazz Festival « en mettant en avant  ce qui m’a frappée le plus : c’est la générosité  des musiciens,  qui tous,  mettent au centre de leurs préoccupations  « l’homme ». Ces Artistes  ont fait montre de naturel, de convivialité, de qualités de cœur ; ils sont, en un mot, habités par  « l’esprit jazz » : la révolte d’un Francis Lassus, artiste engagé, sonne comme un cri de douleur et celle d’un Steve Shehan d’Adouk Trio, citoyen du monde,  comme une incompréhension…La musique Jazz résonne désormais  pour moi comme celle de la Liberté avec un L majuscule. Elle nous a procuré exaltation, émotion  et fait vivre trois jours sur le petit nuage d’une planète du partage. Le   vœu du public passionné est unanime : « laissez-nous revivre cette aventure chaque année et que Biarritz devienne un lieu mythique du jazz. » Un immense merci aux organisateurs qui se sont investis pleinement et nous ont fait vivre des moments exceptionnels, mettant d’accord  amoureux confirmés et amateurs  de jazz.

    Denise Servy, le 1/09/2010

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